Le blog de l'Aumonerie des Gymnases Auguste Piccard et du Bugnon

Une présentation des activités de l'Aumônerie des gymnases

Archives mensuelles de “novembre, 2012”

Introduction au phénomène du diable – cours 1

Introduction

Faire un cours sur le diable ? C’est :

  • visiter son imaginaire
  • s’interroger sur les peurs des hommes et des femmes sur leur vie
  • voir que l’homme appréhende toujours le lendemain.

Un voyage intéressant, mais pas facile à faire car les craintes des autres sont aussi les nôtres !

Présence du phénomène du diable dans notre monde

Le Diable est très présent dans l’espace public et entre autre sur la toile et chacun le voit où il veut !

  • Pour certains en occident, c’est l’Islam et ses représentants les plus virulents
  • Pour d’autres en orient, c’est l’occident et les Etats-Unis
  • Pour d’autre encore ce pourra être l’égocentrisme et bien d’autres « maux »

Bref, on risque tous d’être le diable de quelqu’un… Voir les textes pris sur le net : Propos pris sur le net

Le phénomène du diable et de ces noms

On doit donc « raison garder ». Les phénomènes du diable dépendent de la culture à partir de laquelle on se trouve. Pour en savoir plus, voyons un des nom les plus connus, Lucifer. Le terme vient du latin lux, lucis : lumière, et ferre : porter. Lucifer (latin) et Phosphoros (grec). Ce sont deux épithètes données à la planète Vénus dans l’Antiquité. Les anciens la remarquait apparaître de peu avant le lever du soleil (ce que l’astronomie explique du fait qu’elle soit plus petite que la terre et sur une orbite plus proche). Un texte de l’Enéide de Virgile décrit Vénus-Lucifer (porteur de lumière) comme porteur de l’aurore au lendemain de la chute de Troie : « Déjà sur les crêtes du haut Ida se levait Lucifer, amenant le jour avec lui ; les Danaens tenaient assiégées les portes de la ville, et aucun espoir de secours ne restait. »

Notons qu’au Ier siècle de notre ère, nous n’avons pas de jugement négatifs ; Jésus-Christ, lui-même était qualifié de « Christus verus Lucifer » signifiant : « Christ véritable porteur de lumière ». S’il est « véritable » porteur de lumière, c’est que d’autres ne le sont pas ou ne le sont plus. Ce qualificatif de « véritable » vient rappeler au gens qu’il fut un temps où un homme chut !

Qui ? Le roi de Babylone qui s’était rendu coupable de la déportation du peuple d’Israël et qui a mal finit. Esaïe, le prophète écrit un chant à ce sujet : « Te voilà tombé du ciel, Astre brillant, fils de l’aurore! Tu es abattu à terre, Toi, le vainqueur des nations ! » (Esaïe 14,12) Avec ce souvenir de la chute du roi de Babylone et le rapprochement qu’on a fait avec Prométhée, personnage qui apporte à l’humanité la lumière, mais celle qui dévore les humains, Lucifer en est venu à qualifier un autre phénomène important touchant de près au diable, la chute.

 La chute des anges

Le thème de la chute essaye d’expliquer aux hommes l’origine du Mal. Dès le 3ème siècle avant Jésus-Christ, les hommes qui étudient les textes religieux expliquent que le mal provient d’une révolte contre Dieu menée par des anges avec à leur tête Azaël. C’est la chute des Anges rapporté par un livre à succès de l’époque, le livre d’Hénoch : « Dieu dit à Raphaël : Enchaine Azazel par les pieds et par les mains, jette-le dans les ténèbres (…). Mets sur lui des pierres rugueuses, et aigües, enveloppe-le de ténèbres, et qu’il demeure là à perpétuité. Recouvre son visage, et qu’il ne voie pas la lumière. » (1 Hénoch 4,5) Et pourquoi faut-il enchaîner Azaël ? Le livre d’Hénoch poursuit : « Azazel apprit aux hommes à fabriquer des épées, des armes, des boucliers, des cuirasses. Il leur montra les métaux et la manière de les travailler, ainsi que les bracelets, les parures, (…) et les teintures. Il en résulta une grande impiété. Les hommes se débauchèrent, s’égarèrent et se perdirent dans toutes les voies. » (1 Hénoch 8,1-2)

La guerre entre le bien et le mal est déclarée mais avec l’idée que le côté positif aura le dessus, histoire de rassurer les hommes qu’il y aura une happy-end. Mais cela a-t-il toujours été le cas ?

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Retour à Loudun

Information aux lecteurs.

Les gymnasiens du cours facultatif : « comment comprendre quelques uns des crimes les plus importants de l’histoire ? » vont essayer de lever le voile sur quelques uns des crimes que l’histoire a retenue comme emblématique d’une confrontation entre l’homme et le mal absolu.

Le cours est construit sur plusieurs « affaires » choisis par les élèves et l’enseignant en fonction de leur intérêt ; cet élément empêchera de trouver entre ces « affaires » un lien bien défini.

Le cours est construit de la façon suivante :

  • Une présentation sommaire de l’« affaire » : 1ère séance
  • Une mise en scène de l’affaire dans une sorte de procès où sont appelés à s’expliquer quelques uns des avocats de personnages ou d’état impliqués : 2ème séance

Première séance : Présentation « Les possédés de Loudun » – 30 octobre 2012

La chronologie des possessions s’étend sur cinq années. L’affaire débute en octobre 1632, avec un premier exorcisme public pratiqué par le chanoine Jean Mignon, confesseur du couvent des ursulines de Loudun, et Pierre Barré, prêtre de Chinon. Les deux hommes ne parviennent guère à convaincre le bailli (fonctionnaire du roi dans les régions du royaume) et le procureur de la juridiction que la supérieure des religieuses, nommée Jeanne des Anges, soit véritablement possédée par divers démons.

Après une période d’accalmie, les faits reprennent à l’été 1633. Cette fois, les possessions aboutissent à l’arrestation d’Urbain Grandier le 7 décembre suivant et à l’ouverture d’une enquête religieuse et judiciaire cinq jours plus tard.

Le parlement de Paris, à la demande du conseiller d’État envoyé à Loudun pour détruire les fortifications de la cité, un nommé Laubardemont. Malgré les demandes de grâce exprimées par la mère de Grandier et les lettres de celle-ci au roi font comprendre son innocence, la procédure aboutit à sa condamnation. Entre le 26 avril et le 10 août 1634, des séances publiques d’exorcismes se déroulent dans les églises de Loudun, attirant une foule considérable de curieux. Le 10 août, malgré l’absence de « preuves », l’évêque reconnaît officiellement la « réalité » des possessions diaboliques. S’ensuit le procès du curé et sa mise à mort.

Malgré la mort de l’ensorceleur, les possessions perdurent plus de trois années, faisant de Loudun une destination renommée de pèlerinage autant religieux que folklorique : cette survivance des phénomènes dits « surnaturels » à leur auteur présumé contribue à en faire un cas exceptionnel. L’immense littérature des gazettes, imprimés et ouvrages, qui suit la mort de Grandier, donne un retentissement unique et immédiat à l’affaire. Le frère du roi, Gaston d’Orléans, viendra lui-même assister à quelques exorcismes. Ceux-ci continuent, publiquement, jusqu’à la perte de popularité du phénomène.

Les écrits contemporains et ultérieurs à leur propos se concentreront sur la première phase des possessions, celle où Grandier, l’accusé, est encore en vie. Le 15 octobre 1637, l’exorciste officiel de Jeanne des Anges, le père Jean-Joseph Surin, « expulse de son corps le dernier démon ».

Ainsi s’achèvent les possessions, dès lors débute la légende.

Seconde séance : Mise en scène de l’affaire : 12 novembre 2012

Qui est impliqué ?

  • le prêtre de la paroisse qui jouxte le couvent des religieuses : Urbain Grandier
  • L’accusateur du prêtre qui inculpe et fait condamner à mort le prêtre : Jean de Laubardemont

De quoi parle t-on ? De possession : « Possession » et « Sorcellerie »

Travail à faire : il s’agit de lire les textes joints et de se préparer au cours de Lundi 12 novembre 2012 – salle 505 –Gymnase du Bugnon

Références :

Bon travail !

Guy labarraque

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