Le blog de l'Aumonerie des Gymnases Auguste Piccard et du Bugnon

Une présentation des activités de l'Aumônerie des gymnases

Archives de la catégorie “2012”

Dernières communications (suite)

Quelques documents à télécharger avant le voyage qui précisent les choses.

  • Un plan de la semaine aménagé en fonction des dernières modifications : Plan_semaine_spéciale_2012
  • Un « metro-book » qui vous donnera les indications des lignes que nous prendront pour nos déplacements :Métro_BookK_Paris « Underground 2012 »
  • Un plan de métro que vous pouvez télécharger : Plan du Métro
  • Une listes complète des participants avec vos coordonnées téléphoniques (à vérifier) et puis également une répartition dans les chambres en fonction de ce qui a été convenu : Liste des élèves

En cas de difficulté ou de questions, je suis atteignable au 076 583 24 55.

Guy Labarraque

Dernières communications avant départ

Chers amis,

Les chambres

Cette première partie ne s’adresse qu’aux jeunes filles puisque les 5 garçons de notre voyage seront dans la même chambre.
Mesdemoiselles, vous avez la possibilité d’indiquer vos souhaits pour le type de chambre dans laquelle vous souhaiteriez être. Il y aura deux chambres de 4 et une chambre de 5, normalement.

Attention toutefois, il n’y a pas 36 commentaires possibles. Seule les personnes pouvant former des groupes de 4 ou de 5 peuvent l’indiquer. Si les commentaires vous indiquent que d’autres ont déjà formé au moins deux groupes de 4, il ne restera plus que la chambre de 5… et dans ces conditions, il n’est pas utile d’ajouter un commentaire à cet article.

Voyage

Nous vous renvoyons aux articles précédents et en particulier à cette page pour ce qui concerne les bagages en vous rappelant que chacun doit :

  • Avoir en possession un passeport qui soit valable
  • Mettre son pique-nique en bagage de soute
  • Respecter scrupuleusement les consignes de sécurité pour les bagages de cabine (taille du bagage et contenance des flacons)
  • Avoir et je ne vous l’avais pas dit, sa carte d’étudiant sur soi.

Merci à vous et à très bientôt.

Guy Labarraque

Cours n°7 – Rwanda – le génocide et « les » justices

Le Rwanda pour s’occuper de « ses génocidaires » a mis deux structures ; le Tribunal Pénal Internationale pour le Rwanda et les Tribunaux Gacaca. Ces juridictions pourraient se différencier par le fait que le TPIR s’occupe des responsables du génocide au plan politique ou médiatique alors que les juridictions gacaca (sur l’herbe) s’occupent de juger les personnes d’un village s’étant rendu coupable de génocide.

Le TPIR

Le procès Akayesu

C’était la première fois que le tribunal pénal International se prononce sur le crime de génocide aux termes de la Convention pour la prévention et la répression du crime de génocide et sur le viol en tant qu’acte constitutif de génocide.

Le verdict a été rendu le 2 septembre 1998 et condamne l’ancien maire de la commune de Taba à la réclusion à perpétuité.

Il a été traduit devant le TPIR sur des accusations de génocide et de crimes contre l’humanité. Au départ, les allégations de violences sexuelles ne figuraient pas dans l’acte d’accusation, mais à la lumière de ce que des témoins ont révélé de façon spontanée et en réponse aux questions posées par les juges Laïty Kama, Nivanethem Pillay et Lennart Aspegren, des accusations relatives à des crimes de violence sexuelle ont été portées après modification de l’acte d’accusation sur requête du Procureur, le 17 juin 1997.

Les médias de la Haine

Hassan Ngeze, rédacteur en chef de la revue extrémiste bi-mensuelle Kangura créée en 1990 (arrêté en 1997 au Kenya) a été jugés coupables de génocide, d’entente en vue de commettre le génocide, d’incitation directe et publique à commettre le génocide, de complicité dans le génocide et de crimes contre l’humanité.

En 1994, avant et pendant la période du génocide, la radio et la revue diffusaient les noms et les adresses des futures victimes, commentant parfois en direct l’élimination des « ennemis ». En janvier 1994, Hassan Ngeze écrivait notamment : « Ce qu’on ne dit pas aux inyenzi, c’est que s’ils relèvent encore la tête, il ne sera plus nécessaire d’aller se battre avec l’ennemi resté dans le maquis. On commencera plutôt par faire un nettoyage de l’ennemi intérieur. (…) Ils disparaîtront. »

Il a été condamnés à la prison à vie ; il s’agit de la peine maximale et de l’un des verdicts les plus importants du Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR) basé à Arusha (Tanzanie).

Des chrétiens impliqués dans le génocide

L’inculpation de Samuel Musabyimana, évèque anglican de la préfecture de Gitarama au centre du Rwanda en Comparaissant dès mai 2001 devant le TPIR souligne l’implication des autorités religieuses dans le génocide. Il est mort en 2003 avant la fin de son procès. Voir un reportage à propos d’Hassan Ngeze et Samuel Musabyimana tourné après le Génocide mais avant les arrestations de ces deux hommes. Il sont l’un et l’autre en exil sans regretter le moins du monde les actes génocidaires dont ils se sont rendus coupables…

Les tribunaux Gacaca

Le Rwanda a trouvé un moyen inédit de juger les crimes liés au génocide ; des tribunaux collaboratifs, dits gacaca, basés sur un système de justice traditionnel qui jusque-là n’était utilisé que pour régler des petits différends dans la communauté. Les procès ont lieu à l’extérieur – le mot « gacaca » signifie « sur l’herbe » en langage kinyarwanda -, les juges sont des anciens du village appelés « intègres » et le public peut intervenir.

C’est lorsque les tribunaux conventionnels ont croulé sous le poids des cas ayant trait au génocide (le gouvernement estimait alors qu’il aurait fallu 200 ans pour les juger tous) que  les tribunaux gacaca ont été instaurés, (dès 2001). Pour beaucoup de Rwandais, ce système a permis d’obtenir la justice, mais aussi la réconciliation. Les accusés ont eu la possibilité de voir leur peine commuer en travaux d’intérêt général s’ils plaidaient coupable et s’ils consentaient à avouer leur peines pouvaient être plus courtes. Les juges les encourageaient à rechercher le pardon auprès des familles des victimes. Grâce à ces tribunaux, les familles des victimes découvrent, elles, ce qui est réellement arrivé à ceux qu’ils ont perdu.

Les organisations internationales, comme Amnesty International, soulignent que les tribunaux gacaca ne relèvent pas d’un procès juste selon les standards internationaux. Les accusés ne bénéficient pas de défense légale. Les critiques font aussi remarquer que les juges sont des anciens du village et qu’ils peuvent prendre parti. Et des groupes de survivants regrettent que ces instances ne s’intéressent pas au fait que le massacre de 800 000 Tutsis était planifié. La fin officielle de l’activité des tribunaux gacaca, initialement prévue en décembre 2009, a été repoussée en février 2010. Plus d’un million de cas ont déjà été jugés par ces cours populaires. Les Gacaca en images.

Guy labarraque

Sources : site de France24

Cinémathèque – Tim Burton

Lundi 2 avril 2012

Cinémathèque

14:15

Métro

 Bercy (6 & 14) Paris « Underground »

C’est avec Tim Burton que nous introduisons notre voyage parisien en nous plongeant dans l’univers du réalisateur d’Edward aux mains d’argent, l’un de ses films les plus connus.

Univers étrange que celui de Tim Burton…

Etrange ? Vraiment, si étrange que ça ? Peut-être pour celles et ceux qui ont du monde une vision claire, précise et pour le dire avec un terme quelque peu philosophique « cartésienne », si vraiment ces gens-là existent… Etrange aussi pour ceux qui veulent voir le monde avec des lunettes de la logique implacable et qui décrète que l’univers est soit blanc, soit noir. Etrange enfin pour ceux qui ne veulent que des réponses simples aux réalités du monde qui nous entoure.

Simple mais simplistes !

Et oui, car en sous-entendant que les frontières séparent toujours deux espaces bien délimités, c’est se donner bien peu de cartes pour expliquer un voyage dans notre monde. Voir le monde en deux couleurs, blanc et noir, pour ne prendre que cette exemple, c’est attribuer au premier la responsabilité d’assumer une image contre une autre image, assumer par l’autre couleur. Ce ne serait pas grave, si on ne collait pas à ces images, des valeurs…  Lorsque le bien se voit être représenté par le blanc, on voit immédiatement le problème.

La réalité et n’importe quel observateur sincère le sait n’est pas bicolore, mais au moins tricolore, si ce n’est pas plus…

Tim Burton est un cinéaste qui repousse très vigoureusement cette culture bipolaire ou dualiste en s’occupant justement du côté obscure de la force, pour parler comme un autre cinéaste, Georges Lucas. Ses films travaillent la figure du monstre à qui il donne une personnalité bien plus complexe que ce que la culture ambiante nous en donne ; « J’ai toujours aimé les films de monstres. Ils ne m’ont jamais fait peur. Ils dégageaient tous quelque chose qui me plaisait terriblement ».

De là sans doute la grande liberté qu’il s’offre au sein de l’ensemble de son espace de création qu’il place entre l’ordinaire et l’étrange. Un espace fascinant parce que « frontière », « limite ». Qu’on pense à ses deux adaptations de Batman ou ce dernier et son ennemi le Pingouin, deux êtres, sans âge, en mal de généalogie, mènent un combat arbitré par Catwoman, toute de latex vêtue, émanation de la féminité absolue, sauvage et attirante ; des êtres « travaillés par l’obscurité et le désir de lumière » dira Burton.

Eternelle jeunesse !

Maintenant qu’il dérange… C’est évident ; chacune de ses productions bousculent quelques une de nos idées bien construites. Mais ne serait-ce justement pas là précisément dans cette invitation à déconstruire ce que nous tenons pour juste et vrai ? Ne serait-ce pas pour nous mettre en marche ?

Nous touchons ici à une autre des spécificité de Tim Burton, son affection particulière à cette tranche de vie qui justement déconstruit… pour se construire ; l’adolescence, la jeunesse. Pour mettre en scène cette jeunesse, le cinéaste fait le choix de chorégraphies où s’expriment conjointement la grâce et la maladresse de ses personnages. Ainsi la danse de Kim (Winona Ryder) sous la neige, en symbiose avec l’art d’Edward taillant des sculptures de glace (énergie sexuelle de la teen-ager qui entraîne la caméra à tourner sur elle-même).

Rien n’est simple, personne n’est noir ou blanc, disions-nous ; c’est l’univers déroutant mais ô combien passionnant de Tim Burton.

Guy Labarraque

Sources : dossier de presse de l’exposition :

Pour se préparer à la visite

Relever les paradoxes quelques paradoxes que met en scène Tim Burton dans ses films. Exemple le personnage d’Edward aux mains d’argent qui associe en lui « grâce » et « maladresse »

Suite du parcours

Cours 6 : Le Tribunal Pénal Internationnale pour l’ex-Yougoslavie

Le Tribunal pénal international pour l’ex-Yougoslavie (TPIY ou TPY) est une juridiction instituée le 22 février 1993 par la résolution 808 du Conseil de Sécurité de l’Organisation des Nations Unies afin de poursuivre et de juger les personnes s’étant rendues coupables de violations graves du droit pénal international sur le territoire de l’ex-Yougoslavie à compter du 1er janvier 1991, (c’est-à-dire durant les guerres en Croatie, en Bosnie-Herzégovine et au Kosovo), conformément aux dispositions de ses statuts. Son siège est situé à La Haye (Pays-Bas).

Depuis la tenue de sa toute première audience, le 8 novembre 1994, le Tribunal a mis en accusation 161 personnes.

L’arrestation en 2001 de Slobodan Milosevic est l’un des faits les plus marquants du TPY depuis sa création. Malheureusement sa mort en 2006 ne permet pas d’aller jusqu’à sa condamnation.

En 2011, il restait deux accusés en fuite : Goran Hadžić et Ratko Mladić.

  • Ratko Mladić, chef de l’armée bosno-serbea a été arrêté le 26 mai 2011 pour sa lourde responsabilité dans le massacre Srebrenica. En effet, le 11 juillet 1995, ses troupes s’emparent de l’enclave bosniaque de Srebrenica, assiégée depuis 1992, démilitarisée et déclarée « zone de sécurité » de l’ONU depuis mai 1993. La ville, qui compte 44 000 habitants, est constituée pour moitié de réfugiés, vivant dans des conditions déplorables. Son action à Srebrenica coûte la vie à 8000 musulmans bosniaques qui seront systématiquement tués.
  • Goran Hadžić fut finalement arrêté à son tour le 20 juillet 2011. Goran Hadzic est responsable de la déportation de plus de 27.000 civils. Parmi eux, plusieurs centaines de civils non-serbes ont été détenus de manière prolongée. Les conditions de vie dans ces camps de détention étaient brutales et caractérisées par des traitements inhumains, la surpopulation, la faim, le travail force mais aussi la torture, des coups et agressions sexuelles. Goran Hadzic serait également responsable du massacre de l’hôpital de Vukovar en 1991. Cette ville majoritairement croate a été assiégée puis occupée en 1991 par l’armée fédérale populaire yougoslave (JNA), qui soutenait les insurgés serbes opposés à l’indépendance croate. Plusieurs centaines de civils ont alors pris refuge dans l’hôpital de la ville,  dans l’espoir qu’elles seraient évacuées en présence d’observateurs internationaux neutres, une évacuation « convenue dans les négociations tenues à Zagreb entre la JNA et le Gouvernement croate le 18 novembre 1991. Le 19 novembre, le JNA s’est présenté à l’hôpital et a emmené environ 400 hommes présents sur les lieux, malades inclus. Une majorité d’entre eux ont été battus et torturés plusieurs heures dans une ferme, avant d’être abattus en haut d’un ravin et enterrés dans un charnier. Au total, 264 civils croates et non-serbes ont été tués ou sont toujours portées disparus.

Le procureur, la personne chargée d’instruire ces différentes procédures est une Suissesse, Carla del Ponte. Ayant rerminé son travail en 2010, cette dernière à publié un ouvrage relatant son expérience.

Visionner un reportage sur Carla del Ponte : ici

Le travail de Carla del Ponte montre très clairement les doubles langages du « politique » dans la poursuite des criminels de guerre en ex-yougoslavie. Si tous s’accordent pour mettre sur pied une telle juridiction, dans les faits c’est une autre musique. Il faut savoir que personne n’est tout « rose » dans ce conflits et les européens furent divisés. En plus, le travail du TPY se confronte aux pourparlers entre l’UE et la Serbie et Croatie pour leur entrée dans l’UE. Des négociations délicates qui sont fait perdre un temps précieux pour qu’une justice puisse être rendue.

Guy Labarraque

Sources :

Documents : Carla del Ponte invité au théâtre de la Comédie à Genève le 4 avril 2011 : lire le compte rendu de la Feuille d’Avis Officielle de la république du canton de Genève : Non à l’impunité_Carla-del-Ponte

L’invention du sauvage

Mercredi 3 avril 2012

Musée du quai Branly

10 :00

Métro

Pont de l’Alma

Paris « Underground »

L’autre… celui qui est différent a toujours fait l’objet d’une grande curiosité.

C’est ce regard qu’interroge l’exposition du Musée du Quai Branly intitulée « l’invention du sauvage ». Comme ce titre le suggère, le sauvage, l’autre et même l’Autre avec un grand « A » est une construction, une construction, une fabrication.

Pourquoi pourrait-on en tout premier se dire ?

Parce que cela dépend d’une langue, donc d’un code et par conséquent d’un contexte bien particulier. Qu’on soit nommé par un africain parce qu’il s’est mis en t^te de le faire ou qu’on soit nommé par un européen pour les même raison ou déraison, il y aura des différences car c’est, dans les deux cas, le fruit d’une construction bien complexe dépendant de ceux et celles qui nomment et qui sont influencer par leur culture, leur langue, leur religion, etc.

Une propriété bien humaine

Le fait de nommer, d’exprimer, d’inscrire dans un langage les choses qui sont dans notre environnement est l’une des caractéristiques de l’homme, le propre même de l’homme pourrait-on dire. Dieu, nous dit la Bible dans le livre de la Genèse, « forma de la terre tous les animaux des champs et tous les oiseaux du ciel, et il les fit venir vers l’homme, pour voir comment il les appellerait, et afin que tout être vivant portât le nom que lui donnerait l’homme. »

La question ici n’est donc pas de creuser la diversité des façons qu’a l’homme de nommer les choses, car il y aura lusieurs façons de le faire, mais bien de se rendre compte que nommer, classifier, compter, répertorier signifie automatiquement que nous soyons dépendants de celui qui fait cette opération. Pas de nominations sans se dire que celui qui le fait le fait en fonction de son point de vue…

Volonté d’universalité

C’est là que les choses se corsent, surtout si une partie de l’humanité se met à classifier et nommer une autre partie de l’humanité et que cette classification aspire à l’universalité. Que nous nommions les autres est une chose, mais que nous disions en même temps que notre façon de nommer est celle qui devra s’imposer à tous, y compris pour celui qui est nommé, en est une autre…

C ‘est pourtant dans cet esprit-là qu’il importe de mettre l’ensemble des découvertes que réalise l’Occident dès la découverte du nouveau monde à l’extrême fin du XVème siècle. Les Européens voyagent , dépassent les frontières qui étaient les leurs depuis longtemps et font des découvertes, de grandes découvertes qui conduiront à faire couler le sang et l’encre.
Ici c’est l’encre qui nous intéresse, parce qu’elle sera le moyen avec le papier pour nommer. Les Occidentaux nommeront ceux qu’ils découvriront et auront à cœur de faire partager à tous leurs semblables leurs découvertes. C’est ainsi que démarre les odieuse des parades puisque pendant plus de cinq siècles bon nombre d’hommes et de femmes, nommés « sauvages », terme signifiant « celui qui habite la forêt », seront exposés pour le divertissement de l’Européen de tous les milieux sociaux et dans tous les lieux de démonstration possibles et imaginables ; cours des rois, foires, cirques, cabarets.

Avec l’hégémonie de l’Occident qui s’affirme depuis les « Lumières », la civilisation occidentale tout en nommant ne manquera pas de classer de diverses manières jusqu’à imaginer par des théories pseudo-scientifiques qu’il y a différentes races.

Serions-nous aujourd’hui, alors que le XXIème siècle commence à être pleinement entamé sortie de cet enfer de la différence entre les hommes ?

Evidement non ! Il faut là encore ouvrir les yeux et les oreilles pour se rendre compte que nous ne sommes pas encore sortie de cet underground culturel (au mauvais sens du terme).

Un exemple ? Ne citons pas les extrémistes de tous bords qui pour exciter la haine construisent leur propre hiérarchie, citons l’actuel ministre de l’intérieur de la République française, Claude Guéant déclarant lors d’une rencontre entre des élus UMP et l’UNI, syndicat étudiant proche de la droite radicale, que « toutes les civilisations ne se valent pas ».

N’y serions-nous pas encore ?

Guy Labarrque

Pour se préparer à la visite

Réfléchir à une expression, une image portée sur l’autre, un autre (une personne d’un autre pays) qui porte un jugement sur l’autre.

Etape précédente                                                                Suite du parcours

Cimetière du Père Lachaise

Mercredi 4 avril 2012

Cimetière du Père Lachaise

14 :00

Métro

Gambetta

Paris « Underground »

Le cimetière du Père Lachaise (5ème lieu le plus visité dans la capitale) appartient au 19 cimetières que compte Paris inra-muros. C’est le plus connu des cimetières parisiens avec ceux du Montparnasse et de Montmartre.

44 hectares dans Paris… Le plus grand « espace vert » divisé en 97 divisions dont chacune d’elle « héberge » célébrités et inconnus quelque soit leur appartenance religieuse… En effet depuis la révolution  française, les cimetières confessionnelles sont interdits en France ; une décision qui fait référence à l’une des maximes de l’actuelle république française « l’égalité » pour tous… (en théorie).

Un petit peu d’histoire

Au moyen-âge, ce terrain porte le nom de Champ l’Evêque puisqu’il appartient à l’Evêché de Paris qui en profite pour y planter des vignes et quelques arbres fruitiers. Au XIVème siècle la parcelle est achetée par un riche épicier Regnault de Wandonne qui y installe sa maison de campagne. La propriété prend alors le nom de Folie-Regnault qui est encore actuellement le nom d’une rue du XIe arrondissement de Paris.

Quelques deux cents ans plus tard, A l’époque moderne, la Folie-Regnault est rachetée par Marie de l’Huillier, pour le compte des Pères Jésuites qui vont en faire un lieu de retraite et un cimetière. Girault de Saint-Fargeau, répertoriant les plus beaux lieux de France (ancêtres des guides touristiques d’aujourd’hui) écrira à propos de cet espace : « il est peu d’endroits dans les environs de Paris, dont la perspective soit aussi étendue et aussi variée… »

Le calme de ce champs l’Evèque ou Folie-Régnault va pourtant être bouleversé au plein milieu du XVIIème siècle par celui qui le marquera à jamais, François d’Aix de La Chaise (1624 – 1709), Père Jésuite et en plus de tout cela confesseur de  louis XIV. Mais qu’on ne s’y trompe pas, la fonction de confesseur ne s’arrête pas qu’à la clôture des couvents ou des monastères, François s’avère aussi bon confesseur que bon vivant… Très bon vivant même…

  • Bon vivant ? Il va faire de ce lieu un havre magnifique dans lequel il y reçoit toutes celles et tous ceux qui cherchent à obtenir quelques faveurs du très dépensiers Louis XIV, bâtisseur de Versailles. Toute la cours avant et après avoir arpenté les couloirs de Versailles et sa galerie, passèrent et passeront au Mont-Louis, nouveau nom donné à ce champs du repos soudainement très agité !
  • Très bon vivant ? Car François d’Aix de La Chaise remplissait sa tâche d’intermédiaire auprès de sa majesté  de plusieurs façons… En religion, titre oblige ; en politique, fonction obligeant mais aussi en relation intime… Et oui notre François connu dans l’intimité nombre des favorites du roi et même la plus favorite de ce dernier, la veuve Scaron, Madame de Maintenon.

Après que François eu a son tour franchit la frontière entre vivant et mortel,  la compagnie de Jésus ne put garder ce territoire, les taxes y étaient trop lourdes. Après être passé entre les mains de nombreux propriétaires, la ville de Paris en fait l’acquisition au début du XIXème siècle pour le transformer en véritable nécropole. C’est l’architecte Alexandre Brogniart (1770-1847) qui est chargé de l’aménagement des parcelles. Quatre-vingt-dix-sept divisions sont planifiées. Le « Cimetière de l’Est parisien » ouvre en 1804.

Pourtant et c’est intéressant, le lieu n’a pas au début les faveurs des parisiens… Alors pour essayer de résorber ce fâcheux revers, la maire de Paris se lance dans une opération de promotion en choisissant d’exhumer des os célèbres afin de marquer sa future nécropole d’hôtes prestigieux ! Ainsi Molière, La Fontaine ainsi qu’ELoïse et Abélard serontt transférés en grande pompe au Père Lachaise dans des tombeaux rutilant et issus des meilleurs artistes de l’époque…

Et ça marche ! Puisque des 1977 tombes recensées en en 1815, la nécropole en compte, 15 ans plus tard, plus de 30 000 ! Le succès amorcé par cette opération de promotion ne se dément pas car les dépouilles de Molière et La Fontaine, attirent une grande partie du gratin parisien. Entre 1824 et 1850, la nécropole connait 6 agrandissements ! On estime le nombre de personnes à près du million aujourd’hui, à quelques milliers près…

Des secteurs confessionnels dans un cimetière républicain !

Et oui, là aussi l’exception confirme la règle ! Outre le fait que la nécropole contient un secteur israélite puisque dans ses agrandissement successifs il finit par englober un petit cimetière juif, le Père Lachaise avait aussi un secteur musulman avec une mosquée et ce depuis le second empire, et donc bien après que la république ait interdit les cimetières confessionnels !

Reconnaissance des particularités religieuse ? Prémice d’une dialogue inter-religieux traversant toutes les frontières ? Rien de tout cela au demeurant, mais un simple réalisme politique. Il faut savoir qu’à cette époque Napoléon III avait engagé la France dans une guerre en Crimée et cherchaient les bonnes grâces du sultan ottoman. Elle est détruite en 1914… Lorsque par un curieux hasard, le même pays ne se trouve plus, cette fois-ci dans le camp de la France…

Du sang sur les tombes du Père Lachaise.

Vie, mort, religion, politique, sexe mais aussi sang… Le Père Lachaise est marqué par un événement douloureux dans la mémoire des parisiens ; la Commune qui suit la chute du second empire. La Commune rassemble les parisiens qui n’acceptent pas l’armistice signé avec la Prusse et qui finissent par défier le nouveau pouvoir qui pour l’occasion déménage à Versailles. Des combats violents opposent ainsi les parisiens qui « se fédèrent » avec les forces gouvernementales ; l’un des massacres les plus violents se déroule dans l’enceinte même du cimetière dans lequel les fédérés furent massacré les uns après les autres jusqu’au dernier. Un mur « celui des fédérés » rappelle ce triste événement.

Guy Labarraque

Source :

DANSEL, M. (2002) , Les cimetières de Paris. Promenades historiques, anecdotiques et capricieuses, Paris Seld /Jean-Cyrille Godeffroy,  255 p.

Pour se préparer à la visite

Réfléchir à l’épitaphe de l’un des propriétaires du Père Lachaise :

« Néant des choses humaines,Louis Baron Desfontaines, ancien conseiller au Chatelet de Paris et ancien propriétaire du Père Lachaise, où il passa sa jeunesse n’occupe , dans ce même lieu que la place de sa tombe. »

Etape précédente                                                Suite du parcours

Les Araignées

Et pour finir… Les araignées ou comment donner une bonne claque aux mauvais préjugés…

Chez nous, l’araignée a très souvent mauvaise presse. Pourtant de nombreuses légendes vantent ses mérites et différentes cultures lui rendent hommage. En Afrique, par exemple, l’araignée est symbole de sagesse, d’intelligence et de clairvoyance. Elle est l’image du souverain au centre de son royaume. L’araignée et sa toile sont très présentes dans l’art des Aborigènes d’Australie. Les indiens Cherokee suspendent au dessus de leur lit un capteur de rêve, toile d’araignée symbolique.

L’exposition du Museum d’histoire naturelle nous donne l’occasion là encore de revisiter nos clichés.

Les venins de la légende

Si les araignées mordent et injectent du venin, c’est pour paralyser ou tuer leurs proies. Sur les 42 000 espèces répertoriées dans le monde, seulement une centaine peut provoquer une réaction chez l’homme et une dizaine seulement peut être dangereuse. Les araignées sont souvent accusées suite à des réactions cutanées d’origine incertaine, dues en général à d’autres causes.

La tarentule

Ce n’est pas une grosse mygale, mais une araignée loup qui vit dans la région de Tarente en Italie. D’après la légende, sa morsure provoquait des crises de démence. Pour soigner la victime, la seule solution était que tout le village danse la tarentelle.

Une mère dévouée

Parfois mauvaises épouses, les femelles peuvent dévorer leur partenaire après l’accouplement, les araignées sont généralement de bonnes mères. Une à deux semaines après l’accouplement, elles pondent de 1 à 1000 oeufs. Certaines meurent ensuite, après avoir camouflé le cocon de soie à l’abri des prédateurs. D’autres le veillent attentivement ou même le transportent avec elles entre leurs chélicères ou au bout de leur abdomen. Certaines tissent une toile pouponnière pour abriter les petits, d’autres les transportent sur leur dos. Les jeunes prendront ensuite leur envol. Suspendus par des fils de soie, ils se laissent porter par les vents et colonisent ainsi d’autres zones. En moyenne, sur 100 oeufs pondus, un ou deux seulement deviendront adultes.

Guy Labarraque d’après le dossier pédagogique du musée

Pour se préparer à la visite

Essayer de décrire ce qui fait peur chez l’araignée ?

Etape précédente

Les égouts de Paris

Mardi 3 avril 201

 Egouts de Paris

13:30

Métro

Pont de l’Alma

Paris « Underground »

Introduction

Les égouts de Paris c’est un peu l’histoire de l’hygiène public… Jusqu’au Moyen-Age, Paris, alimenté en eau à partir de la Seine, rejette ses eaux usées dans les champs ou dans les ruelles en terre battue. Par les terrains avoisinants, elles rejoignent le Seine, en étant passé soit par la Bièvre, soit surtout par le ruisseau de Ménilmontant qui faisait office de grand collecteur. Toutes ces eaux usées circulaient à ciel ouvert, empoisonnaient la Seine et les ruisseaux traversés et surtout infectaient l’atmosphère. Pour tenter de remédier à cette situation quelques initiatives sont prises :

  • Ainsi, c’est vers 1200 que Philippe Auguste (XIIIe) fait paver les rues de Paris et prévoit, en leur milieu, une rigole d’évacuation.
  • Sous Charles V (XIVe), Hugues Aubriot, prévôt de Paris, essaye lui aussi d’améliorer les conditions sanitaires, et fait construire, rue Montmartre, un « égout », sortes de conduites primitives, voûté et maçonné qui rejoint le ruisseau de Ménilmontant.
  • Mais c’est seulement du règne de Louis XIII (début XVIIe) que datent les égouts proprement dits, tels que l’on connaît aujourd’hui et que commencent à être construites les premières galeries qui évacuent les déchets Parisiens.
  • Sous le règne de Louis XIV, du fait de l’accroissement de la population, un grand égout de ceinture est construit en rive droite ; la rivière de Bièvre joue le rôle d’égouts en rive gauche de la Seine.

Avec Napoléon Ier apparaît le premier réseau voûté (30 Km). Les égouts sont alors de longues voûtes maçonnées, qui suivent le parcours de toutes les voies et qui sont proportionnés à l’importance des rues qu’elles desservent et sur chacune des deux rives de la Seine, se trouve un égout principal appelé grand collecteur. Le réseau se développe lentement au fil des siècles, mais il faut attendre l’arrivée du Baron Haussmann, Préfet de la Seine, et de l’ingénieur Eugène Belgrand, pour voir réellement se développer le réseau actuel et l’approvisionnement en eau de Paris.

Ainsi va être constitué, un double réseau d’égouts dont la longueur atteindra 600 Km en 1878.

L’alimentation en eau de Paris, ainsi que l’évacuation des eaux usées entre dans une phase décisive avec le Baron Hausmann et Eugène Belgrand, chargé particulièrement du service des eaux. Il convient quand même de rappeler que la construction du réseau d’égout, durant le XIX eme siècle, ne représente pas une opération isolée, mais s’inscrit dans le cadre d’une restructuration plus globale de l’espace urbain : C’est la ville tout entière qui subit des transformations profondes et pas seulement les égouts.

Les égouts ne sont seulement qu’une partie de ce vaste plan et c’est dans cette optique que le Baron Hausmann et son ingénieur Eugène Belgrand ont conçu le plus grand réseau d’égout du monde, environ 600 km.

Pour se préparer à la visite

L’importance des égouts et de l’ensemble de ce système est sans doute une image qui souligne assez fortement l’importance pour ce qui se voit, de ce qui ne se voit pas justement, de ce qui est sous-terrain, sous-terre… Essayons de trouver un exemple d’un élément, d’une personne qui est dans l’ombre et qui est indispensable au bon fonctionnement de ce qui se voit ?

L’ensemble de ce texte est tiré à peu de chose près d’un site qu’il faut lire pour en savoir plus.

Guy labarraque

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Catacombes

Mercredi 4 avril 2012

Catacombes de Paris

10 :00
Métro Denfer-Rochereau

Paris « Underground »

Cata cumbere : « reposer sous »

Le terme de catacombe « reposer sous » est employé pour les lieux où l’on dort qu’à partir du Xe siècle et devient le nom générique pour le cimetière chrétien souterrain de la ville de Rome. Pour Paris, l’histoire n’est pas la même et s’il devait y avoir un terme plus ou moins exact pour ce lieu si particulier de la capitale, on devrait parler d’ossuaires… Mais catacombe fait sans doute plus  « Rome-antique » et c’est avec ce nom qu’il importer de nommer ce lieu parisien qui compte les squelettes de 5 à 6 millions de personnes.

L’histoire des catacombes de Paris, pour entrer un peu dans le détail, c’est celles aussi des carrières de pierres que le sous-sol parisien offre à ses habitants depuis qu’ils peuvent l’extraire et la tailler. Il faut savoir qu’à Paris, avec un tel sol on va aimer creuser… Plus particulièrement :

  • On ramasse la roche pour bâtir les première Eglise dont Sainte-Geneviève, la patronne de Paris et bien d’autres des premières Eglises de Paris
  • On creuse un peu plus pour bâtir des édifices plus importants et entre autres des murs de défenses ; le château de Vauvert de Robert le Pieux (fils d’Hugues Capet) est l’un des premiers gros chantiers de la capitale.
  • Les murs de Paris commencé par Philippe Auguste au début du XIII
  • Les ordres monastiques les plus importants dont les Chartreux  construisent tout en beauté de magnifiques abbatiales et cloîtres pour le repas des âmes
  • On creuse pour la tour de Nesle, le palais royale et Notre-Dame
  • On creuse des galeries pour fuir es anglais ou tout autre ennemis de la France.

On creuse en créant des carrières et de multiples souterrains allant dans tous les sens. Il existerait près de 300 km de galeries… Personnes ne peut même le dire avec exactitude. Ces galeries sont en tout cas connues de tous et il n’en faut pas plus pour qu’elles deviennent un incontournable de la culture du parisien.

Le gruyère parisien pour le meilleur et pour le pire

On tire de l’existence en soi de toutes ces carrières une incroyable série d’expériences qui hantent les esprits ; l’une d’entre elle suffit à comprendre l’importance que revêt les carrières dans les esprits des parisiens et évidemment pas toujours pour le meilleur… On se dit par exemple que si certaines galeries sont été construites pour fuir l’anglais qui pourrait venir troubler la paix parisienne, on se dit qu’il pourrait y revenir en les employant justement…Or là le parisien ne rigole plus du tout. D’une possible porte vers la liberté et le rêve, elles finissent par devenir un cauchemar et si ce n’est pas l’anglais qui pourrait les prendre, ce pourrait être le voleur, l’ennemi présumé, bref l’autre, jusqu’au voisin…

Guy Labarraque

Sources :

  • ARNOLD, Marie-France (1993), Paris, catacombes, Paris, Romillat, 143 p.
  • CERF D. & BABINET D. (1994), Les catacombes de Paris, Meudon, Moulenq 94 p.

Pour se préparer à la visite des catacombes

  • De l’utile (fuir en cas de nécessité) au péril (se faire attaquer), il n’y a qu’un pas ; quelles peuvent-être les conséquences ?

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